Monde: Catalogne: les leaders indépendantistes graciés, et après ?

Espagne : manifestation à Madrid contre la grâce des chefs séparatistes catalans

  Espagne : manifestation à Madrid contre la grâce des chefs séparatistes catalans Des milliers de personnes rassemblées à Madrid pour dire Non à la grâce des indépendantistes catalans, envisagée par le chef du gouvernement espagnol. View on euronews © GABRIEL BOUYS/AFP or licensors Des milliers de personnes rassemblées à Madrid pour dire "non" à la grâce des indépendantistes catalans, envisagée par le chef du gouvernement espagnol. En Espagne, des milliers de personnes se sont rassemblées ce dimanche à Madrid pour dire "non" à la grâce des indépendantistes catalans. Le rassemblement était initié par les Conservateurs du Parti populaire (PP), et par la formation d'extrême droite Vox.

Des pro-indépendantistes manifestent le 21 juin 2021 à Barcelone, en Espagne © Josep LAGO Des pro-indépendantistes manifestent le 21 juin 2021 à Barcelone, en Espagne

La grâce des neuf indépendantistes catalans en prison pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017 est un pari du gouvernement espagnol pour tenter d'apaiser les tensions en Catalogne mais est loin d'être une solution à la crise, selon des analystes.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez annonce la grâce prochaine des neuf dirigeants indépendantistes catalans condamnés à la prison pour la tentative de sécession de l'automne 2017. © Fournis par AFP Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez annonce la grâce prochaine des neuf dirigeants indépendantistes catalans condamnés à la prison pour la tentative de sécession de l'automne 2017.

Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a annoncé cette grâce lundi à Barcelone et son gouvernement doit l'approuver formellement mardi lors d'un Conseil des ministres.

Espagne : Pedro Sanchez va gracier neuf indépendantistes catalans incarcérés

  Espagne : Pedro Sanchez va gracier neuf indépendantistes catalans incarcérés Pedro Sanchez a annoncé lundi qu'il allait proposer au Conseil des ministres d'accorder une grâce aux neuf dirigeants indépendantistes catalans incarcérés après la tentative de sécession de la région en 2017. Le gouvernement "a opté pour la réconciliation en Catalogne", a expliqué le Premier ministre. Le feu vert du gouvernement devrait être donné mardi 22 juin. Pedro Sanchez l'a annoncé lundi : "Guidé par l'esprit de concorde de laLe feu vert du gouvernement devrait être donné mardi 22 juin. Pedro Sanchez l'a annoncé lundi : "Guidé par l'esprit de concorde de la Constitution, je proposerai au Conseil des ministres d'accorder la grâce aux neuf condamnés".

Manifestation pro-indépendance de la Catalogne à Barcelone le 21 juin 2021 © Josep LAGO Manifestation pro-indépendance de la Catalogne à Barcelone le 21 juin 2021

Cette grâce va "aider à calmer les tensions entre le gouvernement régional (indépendantiste) et le gouvernement central, permettre une négociation plus fluide mais ce n'est pas avec ça que nous allons parvenir à un accord" sur une solution à la crise "qui reste bien loin", affirme Lluis Orriols, professeur de sciences politiques à l'université Carlos III de Madrid.

C'est un "élément plus symbolique" qu'autre chose, abonde Cristina Monge, politologue à l'université de Saragosse, "une manière (pour le gouvernement) de montrer sa bonne volonté avant de s'asseoir à la table des négociations".

Malgré son interdiction par la justice, le gouvernement régional séparatiste de Carles Puigdemont avait organisé le 1er octobre 2017 un référendum d'autodétermination, émaillé de violences policières et suivi quelques semaines plus tard par une vaine déclaration d'indépendance.

Espagne : le gouvernement va gracier les indépendantistes catalans incarcérés

  Espagne : le gouvernement va gracier les indépendantistes catalans incarcérés Au nom de la "réconciliation", le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé que son gouvernement allait gracier mardi les neuf indépendantistes catalans condamnés à la prison pour la tentative de sécession de 2017."Demain, guidé par l'esprit de concorde de la Constitution, je proposerai au conseil des ministres d'accorder la grâce aux neuf condamnés" pour cette tentative de sécession à des peines allant de neuf à 13 ans de prison, a déclaré lundi le dirigeant socialiste dans un discours soigneusement orchestré dans le théâtre du Liceu à Barcelone.

Une tentative de sécession dont les leaders - ex-membres du gouvernement régional ou dirigeants d'associations indépendantistes - ont fui à l'étranger, comme M. Puigdemont, ou ont été condamnés pour neuf d'entre eux en octobre 2019 à des peines de neuf à 13 ans de prison pour sédition.

Des indépendantistes manifestent à Barcelone, en Espagne, le 21 juin 2021 © Josep LAGO Des indépendantistes manifestent à Barcelone, en Espagne, le 21 juin 2021

Près de quatre ans plus tard, cette crise continue de conditionner la vie politique espagnole et de diviser profondément la société catalane.

- Avancée des négociations ? -

En échange du soutien du parti séparatiste ERC (Gauche Républicaine de Catalogne) à sa reconduction au pouvoir en janvier 2020, M. Sanchez a accepté la mise en place de négociations formelles entre gouvernement régional et central afin de tenter de trouver une issue à la crise catalane.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez pendant son discours au Théâtre del Liceu à Barcelone le 21 juin 2021 annonçant la grâce de neuf indépendantistes catalans © LLUIS GENE Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez pendant son discours au Théâtre del Liceu à Barcelone le 21 juin 2021 annonçant la grâce de neuf indépendantistes catalans

Une seule réunion s'est produite en février 2020 avant que les discussions ne soient suspendues en raison de la pandémie.

Catalogne: les leaders indépendantistes graciés, et après ?

  Catalogne: les leaders indépendantistes graciés, et après ? La grâce des neuf indépendantistes catalans en prison pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017 est un pari du gouvernement espagnol pour tenter d'apaiser les tensions en Catalogne mais est loin d'être une solution à la crise, selon des analystes.Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a annoncé cette grâce lundi à Barcelone et son gouvernement doit l'approuver formellement mardi lors d'un Conseil des ministres.

Cette négociation doit reprendre prochainement, après la rencontre prévue ce mois-ci à Madrid entre M. Sanchez et le nouveau président régional catalan, Pere Aragonès, beaucoup plus ouvert au dialogue que son prédécesseur, l'indépendantiste radical Quim Torra, dauphin de Puigdemont.

La grande question est désormais de savoir si la grâce de ceux que les séparatistes qualifient de "prisonniers politiques" va permettre de faire avancer ces négociations.

Malgré le profil plus modéré de M. Aragonès, du parti ERC, le mouvement indépendantiste campe sur ses deux principales revendications: amnistie, c'est-à-dire effacement du délit, de toutes les personnes condamnées ou poursuivies pour les évènements de 2017 et organisation d'un référendum d'autodétermination avec l'aval de Madrid.

Deux exigences rejetées en bloc par le gouvernement espagnol qui est ouvert en revanche à un vote des Catalans sur un accord entre les deux parties mais uniquement destiné à donner plus d'autonomie à la région qui dispose déjà de larges compétences et a notamment sa propre police.

La grâce des leaders indépendantistes catalans divise l’Espagne

  La grâce des leaders indépendantistes catalans divise l’Espagne Le premier ministre, Pedro Sanchez, a défendu cette mesure controversée par la nécessité de rétablir «la concorde» en Catalogne et dans le reste du pays, dans le cadre d’un futur processus de discussions.C’est peu de dire que Pedro Sanchez a à cœur de justifier la mesure. Lundi au théâtre Liceu de Barcelone, le chef de l’exécutif annonçait à un parterre de personnalités catalanes sa décision de gracier les neuf responsables indépendantistes catalans qui demeuraient en prison trois ans et demi après l’organisation d’un référendum illégal. Ce mardi, il prononçait une courte allocution télévisée à l’issue du Conseil des ministres qui entérinait la grâce.

- "Sortir les prisonniers de l'équation" -

En dépit de ces profondes divergences, cette grâce devrait aider à tourner la page après une décennie de montée de l'indépendantisme, estime Oriol Bartomeus, professeur de sciences politiques à l'université autonome de Barcelone.

"A partir du moment où on sort de l'équation les prisonniers", dont l'incarcération était un argument de mobilisation pour les séparatistes, "on oblige le mouvement indépendantiste à se repositionner", et à proposer quelque chose d'autre, estime-t-il.

Selon lui, même si face caméra les dirigeants indépendantistes tiendront le même discours, "en coulisses, nous allons voir s'ouvrir un nouveau chapitre".

De fait, Aragonès et Puigdemont ont encore martelé vendredi en Belgique, où est installé l'ex-président régional, les revendications du camp indépendantiste et affirmé que la grâce n'était pas la solution au "conflit politique". Aragonès a par ailleurs boudé le discours lundi à Barcelone de Pedro Sanchez.

Mais le nouveau président régional catalan - comme le numéro un de son parti Oriol Junqueras, condamné à 13 ans de prison - ont fait un pas vers Sanchez récemment en abandonnant l'idée d'une indépendance unilatérale.

Ce que prône en revanche toujours Puigdemont, qui n'est pas concerné par la grâce et que le gouvernement central veut toujours voir jugé en Espagne.

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Catalogne : l’espoir d’un compromis avec Madrid .
La décision de Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol, de gracier les leaders indépendantistes catalans est d’autant plus audacieuse qu’elle va à l’encontre de l’opinion publique du pays. Mais l’apaisement est indispensable. Editorial du « Monde ». La grâce accordée le 22 juin par le gouvernement espagnol aux neuf dirigeants indépendantistes catalans emprisonnés depuis plus de trois ans pour la tentative de sécession d’octobre 2017 offre enfin une voie d’apaisement dans ce conflit qui mine l’Espagne et empoisonne l’Europe.

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